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Trop de mots à la Citadelle – Chapitre 2

juillet 11, 2011

En attendant Sue, je passe un excellent moment de solitude avec d’indécrottables rockuptibles pédants.  Sont-ils pédérastes pour le style ou par goût de se faire masser la prostate?  L’hommage à Joy Division (un d’entre eux porte un teeshirt « unknown pleasure » ) fait-il référence à « The house of dolls » ou simplement à « She’s lost control« ? Peu importe, mais la musique sur la Green Room est triste et impuissante, lente ou faussement improvisée.

Oui c’est là, lenteur et paresse, sous le soleil d’une après-midi oisive, que j’imagine leurs cervelles de sodomites revenues à la poêle, relevées de piment de Cayenne et de quelques oignons vierges de barbarie.  J’entends les orgues.

Christof rapporte son after, suite de la soirée  introduite comme il se doigte d’une bifore précédée d’un longue séance à l’institut de beauté, soins du visage, manucure, pédicure. Affligeant flâneur désoeuvré et poseur, à la recherche de la tante perdue. Britannique, queue nique ni tête, son parfum capiteux, entêtant, doit faire fureur dans les backrooms. Lorsqu’il se propose d’aller chercher à boire je l’accompagne. « C’est quoi votre programme? »  » QOSA puis Eels et toi? », « Oh je suis un peu fatigué alors je reste ici, j’aime beaucoup « This world » de Selah Sue et je vais essayer aussi Eels « , « Moi je cherche un trip qui déchire pour finir la soirée… », « Tu as déjà essayé l’exta en suppos? Il m’en reste un », « Man! J’en entends parler depuis le printemps mais c’est introuvable, combien tu veux, 20€ ça te branche? », « Oui, ça me va, tiens, prends le paquet de clopes, c’est d’dans ». Il me glisse un billet avant de s’éloigner vers la cabine la plus proche. J’entends des orgues soporifiques.

Se courbe-t-il pour introduire le missile? Il lui faut deux minutes avant de ressortir, tituber tout sourire, s’allonger sur l’herbe avant de se tordre en un seul, long, lent spasme effroyable et funeste.

Les amateurs de Sue et Eels se sont installés paisiblement alentour, le soleil encore brûlant et une deuxième bière fraiche au point final du jour terminent de me ranimer. Mes doigts sur le sol au contact de l’herbe sur une terre presque asséchée, les yeux fermés orientés au couchant, j’apprécie mon silence intérieur. Ce court répit comme le prémices d’une rédemption infinie, et ténue, délicate, élégante, délectable complainte d’un rêve brisé, j’entends Пётр Ильич Чайковский une romance du comte Алексей Николаевич Толстой, je suis Amid , au milieu d’un bal bruyant, in the Din of the bal.

Lorsque je me lève, avec le souvenir visuel de Selah Sue coiffée d’une imposante choucroute et des anguilles barbues qui soufflent dans de coites trompettes, je reprends le canal vers la scène principale. La nuit est fraiche, mon corps est agité de tremblements incontrôlables, et je me glisse entre les médusés ébahis devant le show de LP, merci CocaCola. J’atteins la chapelle, passe tranquillement derrière le marchand à qui j’achète une soupe éthiopienne suave, entre par la porte sur le coté et me pose pour un temps. Mon silence n’est alors troublé que par une indicible gloutonnerie. Après avoir absorbé le bol de soupe brûlante je reste immobile, sentant monter l’irrépressible appel du ventre, besoin de chair impérieux.

Lorsque je sors il est 3 heures. Seul les restaurateurs sont à pied d’œuvre et au cœur de la nuit, j’ai faim et j’entends.

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