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Trop de mots à la Citadelle – chapitre 5

juillet 17, 2011

Il est des envies qu’il convient de ne pas bassement satisfaire. Prendre le temps, plusieurs temps, en reporter l’accomplissement.

Une maison plus grande, comme celle de la voisine, une voiture plus rapide comme celle du maire, une bimbo à gros seins, un compagnon sage, intelligent, bon géniteur, fidèle et riche mais humble. Un peu de tout cela mais pas trop, l’envie de se fondre dans la masse a ses limites que le rock et la pop incarnent largement. Rebelles affublés d’accessoires chics et vantant chaque jour leur grand discernement des mirages de notre existence, comme d’autres travaillent au guichet. Tandis que The National assure mais ne rassasie pas ma faim, Kasabian laisse à désirer, suffisance de forme et pauvreté du fond, compensé de morgue et décorum piteux.

Sans envie la tâche sera bien plus ardue, alors quelle raison de continuer? Ne pas renoncer impose de ne pas choisir c’est donc le hasard pur, contestable, qui décidera.

Le système d’exécution est peu original mais testé sur un vieux chat malade qui n’a pas longtemps survécu. J’ai bricolé les montants d’un stand de casquettes et autres oripeaux à l’effigie des pseudo stars décadentes. Il a suffit de connecter un câble d’alimentation, et lorsqu’une main innocente mettra sous tension l’éclairage de la tente, un voire plusieurs envieux appuyés aux montants métalliques sentiront à travers leur entrailles les 50 pulsations par seconde affoler palpitants fragiles, tripes et intestins pour les laisser sans vie dans la poussière grise et brune sur la cour d’honneur.

J’ai repris mes allées et venues entre une scène et l’autre, indécis et curieux de tout goûter, me retirant juste à temps pour ne pas sentir la frustration d’une fin de spectaclus interruptus. Le soir apporte la fraîcheur et la lune l’éclairage idéal pour la prestation sépulcrale d’un Portishead indécis.

Je ne veux pas savoir quand mais comment. La mort a cessé de me faire envie, et les peurs dissolues au fil de l’adolescence m’emportent en leur fil vers une maturité imprécise, le cours fatal des choses.

Assis dans la poussière au bord de la chaussée

Les pieds au caniveau, la tête pendue en arrière

Un nuage est resté accroché au soleil

Et l’hiver se promet d’être rude

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From → nouvelles

2 commentaires
  1. swafran permalink

    interpellation n° 5 ??
    la frustration d’une fin de spectaclus interrompus. >>> interruptus (si c’est en référence au coïtus)

    • O.W.P. permalink

      7 fois merciüs, j’entame les ajustements et corrections; la version complète (page « textes complets ») va évoluer d’ici mercredi, date de version 1.1 à envoyer pour le premier concours. Ce sera loin d’être une version « éditable » me semble-t-il, ensuite ça prendra le temps qu’il faut.

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