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Old fuckers – Chapitre 3.1

juillet 27, 2013

© Douleur des pieds à la tête, j’implore le sursis, ne me prends pas les doigts ®

rodin douleur inv opJe crains le lever du soleil ce matin.

Le bouton poussoir dans ma main est devenu inopérant, j’ai déjà consommé la dose.

Lorsque j’appuie avec l’index, il y a la violente piqure, comme une épine souple insérée lentement dans l’articulation, entre la phalange centrale et le bout du doigt. C’est ce doigt qui frotte, effleure, martèle la corde grave et tape la seconde lettre de chacun de mes mots déchirants. Et puis le mal s’estompe, la nausée s’installe, c’est au tour de l’articulation voisine, juxtaposée, de prendre la tête du relais. A toi de subir le supplice d’un pal virtuel, si tourmentant et tant traumatisant, je suis au bord de la syncope, j’étouffe quasiment dans d’incessants hoquets .

Et ainsi de suite. Par vagues, puis comme dans un ouragan, un torrents dévalant les pentes et les rues, les corridors les avenues. Et des doigts au poignet, au coude, l’épaule, chacune de ces horribles vertèbres à bec de perroquets, répétant de leur tollé criard trop haut perché pour être vrai, chaque message nerveux amplifiés jusqu’à l’emballement cérébral, burn-out cervico-cervical.

(…)

J’ai tant rampé jusqu’à l’armoire, à portée de bras de mer, pour prendre la boite de patchs Skenan. Je suis allé trop loin pour revenir. J’en place un sur ma tempe, et puis l’autre, je l’applique sur mon sexe, et puis je pense à toi, et tu es là. Je voudrai que tu me dévores, des yeux, des mains, parties aqueuses déflorées doucement, égarements enragées. Le tapis de velours dru comme la peau d’une baleine à sang chaud, lisse comme le cuir d’une vache sacrée nourrie à satiété, recouvert d’un voile de soie pure, apaisante, éthérée, s’offre à nos douleurs affalées, pour tendre à l’apaisement.

Pourquoi cette mise à la géhenne, pourquoi cette anonyme haine, pourquoi des corps malsains incarnant nos esprits purs et sains. Est-ce que je paye pour les autres? Suis-je une sorte de pâle copie, un nébuleux messie, inconnu de ces masses qui l’acclament? Qui doit morfler pour l’absence de communauté de biens?

Maintenant le seul foyer ardent de douleur s’estompant, résiste encor au sein de mes talons. La faiblesse d’Achille, et pour me laisser choir dans la baignoire, dans ce réduit blanc comme le bout du tunnel, immaculé, je lutte, en un salutaire sursaut, pourquoi?

Je ne peux toujours pas réfréner les geignements, les râles, les soupirs de détresse, et je suis agité comme un corps mort branché aux électrodes, sur de hautes tensions.

(…)

Puis, la douleur s’en est allée, comme si ce corps m’avait abandonné vieux, pourquoi, à quoi bon ces questions, des réponses? J’entraperçoit au sortir de la brume glacée, la poire de douche m’aspergent d’eau bien trop fraiche, rayonnant le visage de la muse si longtemps désirée. Mais le temps ne m’est pas donné de la serrer tout contre moi. Le focus se fait lent, inexorablement; le décor me ramène à la réalité, à rebours dans le vaste tunnel à l’issue éclatante.

Je suis bien dans la chambre d’hôtel, à Caen, et c’est déjà l’aube du troisième jour.

Celui connu pour les résurrections.

Le temps d’une sieste et j’en termine avec le troisième tiers d’un trio. Just let it bloom!

@ suivre avant fin et fin finale

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