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Quand Holly rencontre Franz

octobre 29, 2013

La permanente métamorphose est un chemin d’incarnation

nervs-2(…) Samedi j’étais en terrasse d’un café à Pigalle, et, improbable rencontre  à la table voisine, extrait de conversation sur la métamorphose:

Franz: Alors vous existez vraiment? Comment ça va avant dimanche… vous serez un peu orpheline demain

Holly: Tu sais Franz, Lou aime beaucoup ton livre, je suis née dans les livres

F: Merci Holly, l’œuvre de Lewis Alan est éminente. Vue d’ici, la quintessence de sa vie est d’une puissance rare, incontrôlée ni par lui ni par Laurie, et surtout pas par l’argent ni la drogue ni le temps. C’est un instinctif, pur reptilien comme Jim Morisson, aérien comme Syd Barrett, et il eut la bonne idée de prolonger son séjour sur terre suffisamment longtemps pour boucler une boucle quasi centenaire… La démarche intellectuelle mais avec une juste touche de modestie puise peut-être chez Debussy, ou Duchamp ou le jazz naissant de cette époque en Hongrie; les films muets en noir et blanc dont la bande son, souvent une simple harmonie interprétée au piano, et le magicien d’Oz…Avec John Cage leur travail me suggère tout cela mais oui, il s’agit de mes références, pas obligatoirement les siennes

H: ça va loin ton imagination, je ne suis pas assez calé en ce domaine; ce que je sens, au plus profond de moi, c’est l’expression d’une énergie qui cherche naturellement son chemin dans l’environnement où elle survient

F: c’est exactement ça! En physique on constate que le courant électrique généré entre deux pôles de tensions différentes va progresser par un chemin à travers résistances et condensateurs, spires et transmetteurs magnétiques, atomiques

H: et en rock le compositeur transforme son émotion en riffs électriques, par une sorte de transposition, transfiguration, transsexualité, c’est ainsi que je suis née

F: …(muet, interloqué)

H: ne fais pas cette tête Franz, nous sommes tous des mirages incarnés, illuminations, brillants de l’électricité générée au croisement de neurones interconnectés, tout est flux, et tout disparait au reflux comme sur le sable à marée descendante, et puis ainsi de suite au rythme du ballet de la terre et la lune, des planètes tourbillonnantes, des voies lactées, ou des veines injectées…

F: J’ai un peu le cafard tout à coup

H:(explosée de rire) oui, ça Lou m’en a parlé, c’est une bonne histoire

F: (rire nerveux) j’avais involontairement occulté le coté glauque de ton passage, les scarifications, l’opération, les drogues

H: Rassure-toi nous avons cicatrisé, ceci est une histoire ancienne. Écoute comme la paix et la beauté rayonne dans « Songs for Drella », Andy te dira comme c’est un triomphe de l’amour entre Cendrillon et Dracula

F: Merci Holly, je me sens un peu ridicule, je me voyais te consolant et au final c’est toi qui m’éclaire

H: Merci Franz, comme Lou à brillé, du plus sombre recoin du Village jusqu’au panthéon du rock & roll…

~

© ® propos recueillis au seuil de la nuit samedi 26 octobre 2013 à Paris 18èmegolden Lou & Franz

Holly (personnage de Lou Reed dans Walk on the wild side) et Franz Kafka

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4 commentaires
  1. la philosophie rencontre le rock, encore une fois …
    merci de nous rappeler l’excellent « songs for Drella »
    🙂

  2. rock philosophe à tendance pierre philisophallus 😉

  3. Tu vois, j’avais beau l’aimer , je ne connaissais pas cet album sur Andy !
    Merci bien pour la découverte …
    Je l’écoute

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